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Le Cabinet Des Mythographes est un projet artistique qui prend appui sur les mythologies de toutes origines temporelles, géographiques et culturelles mené par un écrivain (Jean Daniel Dupuy) et un comédien/metteur en scène (Vincent Vabre). L'objet en est la création d'un fonds commun d'écritures mythologiques et territoriales révélé au public par la publication d'un livre unique (multimédia) et de ses fac-similés et par sa mise en ligne sur internet (blog et site). Les deux artistes se considèrent comme des passeurs, ils envisagent leur action comme une fabrique d'imaginaire où ils proposent, de façon ludique, des outils de création à tous les publics sur tous les territoires. Ils ont dans l'idée que les mythes étant les fondements des sociétés et les miroirs du monde contemporain, tout être humain prenant part à cette fabrique entre en mythographie et devient un mythographe, faisant ainsi œuvre et société.

jeudi 3 juillet 2014

Le Cabinet Des Mythographes [Saison # 2] Projet Dédale: Introduction à la visite du Cabinet Numérique

Tout d'abord le Cabinet des Mythographes doit être reconsidéré ici comme une expérience de partage et de fabrication d'imaginaires où « les passeurs » que nous sommes ont pour objectif de rencontrer « un public » et d'échanger avec lui autour des mythes et de mettre en perspective la résonance de ces vieilles histoires avec notre présent. Ce partage se fait sur la base d'une réciprocité induite par la présentation de « pièces » issues du cabinet de curiosités constitué par nos soins suivant les pistes de réflexions et de jeux que propose le mythe choisi. L'échange ayant pour but la création de nouvelles pièces, que le public devienne alors passeur donc mythographe. Que le public fasse œuvre et qu’ensemble nous fassions société.

Nous choisissons toujours le mythe suivant notre idée de départ qui est celle « du retour à la source».
Entendons-nous bien il n'est pas question d'une recherche réactionnaire qui érigerait le passéisme en mode de pensée, nous parlons d'un retour à la source concret, d'un voyage géographique mental, d'une exploration des rivières souterraines de l'imaginaire sacré et profane qui sans cesse rejaillissent dans les arts mais aussi dans le quotidien du monde contemporain, en évitant les écueils de la religion et d'un passé idéalisé. Si lors de notre première expérience mythographique nous avions choisi Prométhée c'est qu'il nous permettait de boire à la source première, celle de la naissance de l'humanité, de l'apparition du feu, source de vie et de création. Quoi de plus évident pour la naissance d'une fabrique d'imaginaires ? Et si pour rythmer notre deuxième saison nous pénétrons dans le Labyrinthe c'est que nous y poursuivons de façon tout aussi évidente les traces d'un autre créateur « génial » Dédale, de son fils Icare, du monstre dont il est à l'origine, que nous y trouvons les multiples chemins qui nous permettent de nous perdre en compagnie d'Ariane, Minos et Pasiphaé mais aussi d'Antigone et d'une Perdrix.

Sur ces pistes se profile la « résidence d'artiste » dont nous révélons à présent la source et les flots qui en découlent.
Si le choix du labyrinthe comme espace de mythographie est venu d'une intuition, il s'est avéré être la suite logique de notre travail l'an passé avec les élèves de 1ere Maintenance Nautique dans ce même lycée. Nous avons donc bâti notre réflexion sur l'idée de notre présence dans ses murs et parmi ses occupants. Au-delà des parallèles « évidents »  entre le mythe et le lycée Mermoz ( l'existence commune d'un architecte, une ville dédiée au Taureau comme l'Île de Crète, des hommes volants Mermoz et Icare, des adolescents (sacrifiés?) ) nous avons vu dans ce conte la possibilité de se questionner sur la monstruosité, le pouvoir, la capacité à se perdre, se retrouver, le droit à l'erreur, le parcours initiatique et surtout sur la multitude de reflets, d'effets miroirs que produisent les versions et interprétations multiples du mythe. Il nous renvoie à notre propre image et à la difficulté voire la peur que suscite en nous les nombreux corridors de l'existence. C'est à partir de cette peur qu'il faut combattre pour ne pas rester tétanisé, médusé, pour avancer, s'aventurer, que nous allons travailler. Ce que font les jeunes protagonistes du mythe Thésée, Ariane, Perdix et Icare.

Dés lors, notre proposition est d'établir une relation entre le mythe et la réalité, que le lycée entre dans la mythologie.
Cette première semaine fut donc consacrée à la découverte et à la divulgation du mythe et à l'ébauche des futures pièces que nous créerons ensemble lors de la deuxième de résidence.
Pour cela nous devions dévoiler des « curiosités », ouvrir le cabinet, créer du mystère, des rencontres et aller vers une complicité en s'efforçant d'être toujours au plus près d'une approche labyrinthique de la pensée, de l'image et de la parole. En effet, pour créer un suspens, une attente, des interrogations nous avons pris soin d'éviter la linéarité d'un récit et tenté de créer des contre-feux, des impasses, d'impliquer les occupants du dédale mermozien dans la tentative de reconstitution du mythe, de participer à des expériences.
Concrètement nous avions réuni un ensemble de pièces assez succinct et en avons créé en cours de cheminement.

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